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Synthèse de réunion

Points clés

  • Salomé, enseignante en collège, a réussi l'agrégation de lettres modernes en terminant première de sa promotion, malgré un profil atypique : trois enfants en bas âge (3, 5 et 6 ans), pas de formation en classe préparatoire, et une préparation tardive.
  • Elle a commencé à lire sérieusement les œuvres au programme seulement un à deux mois avant les écrits, en se concentrant sur trois œuvres qu'elle avait déjà partiellement lues.
  • Sa stratégie reposait sur l'apprentissage intensif de près de 150 citations en une semaine, en utilisant la méthode d'apprentissage en marchant.
  • À l'épreuve, elle a d'abord retranscrit toutes ses citations sur brouillon avant d'analyser le sujet, afin de disposer d'un matériau solide et de ne pas paniquer face au sujet.
  • Elle a fait le choix audacieux de construire sa dissertation autour du mot « parcours » plutôt que du terme littéraire principal « élégie », en assumant un parti pris original qui a été apprécié du jury.
  • Pour la méthodologie, elle a opté rapidement pour une seule méthode claire et accessible, sans tergiverser entre plusieurs approches.
  • Elle a organisé son temps de travail principalement le soir après le coucher des enfants et sur ses pauses au collège, en s'appuyant sur l'aide de son mari et de sa mère.
  • Elle recommande de ritualiser de petits exercices quotidiens plutôt que de réaliser uniquement des épreuves en temps réel, et de travailler en groupe pour mutualiser les productions.
  • Elle envisage des perspectives professionnelles (lycée, université, édition pédagogique) mais prend le temps de la réflexion avant de s'engager.

Résumé des questions et réponses

Parcours et contexte de la préparation

Marie : Comment t'est venue l'envie de passer l'agrégation et comment as-tu fait pour réussir malgré un profil atypique ?

Salomé : L'envie est venue notamment grâce à une amie qui avait réussi l'agrégation. Compte tenu de son profil (travail à temps plein, trois enfants en bas âge), elle avait initialement prévu une préparation sur deux ans. Elle a travaillé les bases littéraires dès septembre, fait corriger une copie par une formatrice en janvier — un mois avant les écrits — qui lui a confirmé la qualité de son travail. Elle a alors décidé de tenter sa chance, a été admissible, puis a fourni un travail intense pour les oraux, finissant finalement première.

Lecture et connaissance des œuvres

Marie : Comment as-tu réussi à acquérir suffisamment de connaissances sur les œuvres en commençant à les lire seulement un à deux mois avant les écrits ?

Salomé : Elle avait déjà lu trois œuvres relativement courtes pendant l'été précédent. Elle a choisi de se concentrer exclusivement sur ces trois œuvres, en les travaillant en profondeur : lecture détaillée, lecture de nombreux articles critiques pour nourrir l'analyse, et apprentissage intensif de près de 150 citations la semaine avant les écrits, en utilisant la méthode d'apprentissage en marchant.

Utilisation des citations en dissertation

Marie : Est-il vraiment nécessaire d'avoir autant de citations en tête pour composer une dissertation ?

Salomé : Non, ce n'est pas une obligation absolue, mais en lettres modernes, s'appuyer sur les textes est particulièrement important. Elle a utilisé environ 40 citations dans sa dissertation notée 15, sans que cela donne l'impression d'un catalogue, car chaque citation était intégrée à une analyse développée.

Méthode de gestion du brouillon le jour de l'épreuve

Marie : Comment as-tu géré ton brouillon au moment de l'épreuve ? As-tu d'abord retranscrit tes citations ou analysé le sujet ?

Salomé : Elle a d'abord retranscrit toutes ses citations sur le brouillon, sans regarder le sujet, afin de poser toutes ses connaissances et d'éviter la panique. Ce n'est qu'ensuite qu'elle a analysé le sujet en détail, mot à mot, pour construire sa problématique à partir d'un matériau solide.

Analyse du sujet de dissertation

Marie : Comment as-tu analysé le sujet et comment as-tu choisi ton angle de traitement ?

Salomé : Elle a décortiqué le sujet terme par terme, en cherchant les tensions et les éléments discutables. Alors que la plupart des candidats ont travaillé sur le mot « élégie », elle a choisi de centrer sa dissertation sur le mot « parcours », qu'elle trouvait plus discutable dans la citation proposée. Ce parti pris original a finalement été apprécié du jury.

Choix de la méthode de dissertation

Marie : Comment as-tu choisi ta méthode de dissertation parmi les nombreuses proposées ?

Salomé : N'ayant pas le temps de tergiverser, elle a lu plusieurs bonnes copies disponibles sur Internet et a sélectionné rapidement celle dont la méthode lui semblait la plus claire, logique et accessible. Elle s'est constitué une fiche méthode avec les transitions et la structure, qu'elle a appliquée systématiquement lors de ses entraînements. Pour la deuxième épreuve (dissertation sur auteur), elle a suivi le cours en vidéo de Stéphanie Ges (université de Bourgogne), recommandé par la communauté des agrégatifs.

Organisation du temps avec trois enfants

Marie : Comment as-tu réussi à dégager du temps pour travailler avec trois enfants en bas âge ?

Salomé : Elle travaillait principalement le soir après le coucher des enfants (à partir de 20h-20h30), ainsi que sur ses pauses déjeuner et heures libres au collège. Elle avait préparé ses cours de collège l'année précédente, ce qui lui a libéré du temps. Elle n'a pas hésité à demander de l'aide à sa mère et à son mari. Elle a également expliqué à ses enfants qu'elle avait besoin de travailler, et ceux-ci ont globalement bien compris et respecté ce besoin.

Découverte de ses propres capacités

Marie : T'es-tu découvert des ressources insoupçonnées en toi au cours de cette préparation ?

Salomé : Oui, elle a découvert sa capacité à mémoriser rapidement un grand nombre de citations, son efficacité et sa rapidité de travail liées à son tempérament peu enclin à tergiverser, ainsi qu'une véritable passion pour l'analyse littéraire et la fouille des textes, qu'elle ne soupçonnait pas.

Conseils pour les candidats hésitants

Marie : Quel conseil donnerais-tu à des personnes qui hésitent à se lancer, notamment parce qu'elles pensent avoir commencé trop tard ?

Salomé : Commencer tardivement n'exclut pas la réussite, même si une préparation sur deux ans reste une option valable et enrichissante. Son conseil principal est de ritualiser de petits exercices quotidiens plutôt que de se concentrer uniquement sur des épreuves en temps réel : par exemple, faire un mini-plan de commentaire en 30 minutes chaque jour, ou analyser un court extrait d'œuvre. Travailler en groupe (4 à 5 personnes) et partager ses productions quotidiennement est également très formateur. La régularité prime sur l'intensité.

Projets professionnels après l'agrégation

Marie : L'agrégation va-t-elle déboucher sur un changement professionnel pour toi ?

Salomé : Elle est encore en réflexion. Elle se plaît dans son collège actuel et n'a pas de besoin urgent de partir. Le lycée et l'université l'intéressent, mais les postes sont rares. Elle a un projet d'édition pédagogique en cours, attend un rendez-vous avec l'inspecteur à l'automne, et s'est portée volontaire auprès de l'inspectrice pour participer à des formations à l'agrégation si besoin. Marie lui conseille de ne pas attendre trop longtemps pour saisir les opportunités, tant qu'elle est au sommet de sa confiance en elle.